agents de securite

Le ministère de l’Intérieur a publié ce jour le décret permettant à certains agents de sécurité privée d’être armés. Ce décret fait suite à la loi du 28 février 2017 qui avait prévu cette évolution, notamment pour accroître la protection de nos concitoyens dans le cadre de la menace et des attentats terroristes sans précédent que connaît notre pays depuis 2015.

Cette évolution réglementaire marque un changement culturel et politique extrêmement significatif pour la sécurité privée, depuis la loi fondatrice du 12 juillet 1983 qui en a reconnu et encadré l’existence.

Que le législateur et le ministère de l’Intérieur aient perçu possible de permettre à certains agents de sécurité d’être armés, sous de très fortes garanties d’aptitude professionnelle et de contrôle, montre qu’ils font désormais confiance aux entreprises de sécurité privée. Il n’est plus possible, maintenant, de faire comme si la sécurité privée, ses 6 000 entreprises et ses 170 000 agents ne constituaient pas effectivement la quatrième force de sécurité générale. C’est d’ailleurs tout le sens de la démarche initiée par le ministre de l’Intérieur, Monsieur Gérard COLLOMB, en faveur du continuum de sécurité, démarche que le SNES approuve.

Le SNES tient à souligner que ses adhérents n’ont pas été demandeurs de cette évolution vers l’armement, mais qu’ils ont tenu à répondre systématiquement présents aux sollicitations et à la concertation conduites par le ministère de l’Intérieur. Le SNES salue ainsi les efforts de concertation, de prudence et de pédagogie dont les autorités publiques ont fait preuve et souhaite qu’ils se poursuivent : la mise en œuvre de cette évolution nécessite un suivi très précis, notamment dans la définition des programmes de formation et dans les contrôles qui devront être réalisés.

Si la très grande majorité des agents de sécurité privée restera non armé — armement tant létal que non létal — le SNES souhaite que le développement de ce marché de niche et de ce qui constitue un nouveau métier de sécurité privée au modèle économique à valider obéisse à des règles qualitatives et tarifaires extrêmement précises et de nature à empêcher tout incident ou dérive. Tout comme les contrôles opérés par les préfets de département et le Conseil national des activités privées de sécurité, la responsabilité des donneurs d’ordre face à cette nouvelle offre sera déterminante : à eux de ne pas sélectionner des prestataires au moins disant et de prendre en compte le fait que la sécurité, notamment privée, est un investissement rentable et non un simple coût à réduire.

Enfin, pour sceptique et prudent que le SNES ait été vis-à-vis de ce qui constitue incontestablement la levée d’une ligne rouge historique du métier du métier en France, Pascal Pech, nouveau Président du SNES se déclare « très satisfait de la confiance que cette réforme fondamentale exprime de la part des pouvoirs publics dans l’efficacité du privé et tient à cette occasion à rappeler les trois axes fondamentaux des actions engagées au sein du SNES : 1/ Le développement du capital humain de nos entreprises, 2/ La défense des entreprises et de leurs valeurs, 3/ La relève des défis de mutation de notre secteur ».

Le SNES, 31 décembre 2017.
Contact Presse : Olivier Duran, oduran@e-snes.org

Décret n°2017-1844 du 29 décembre 2017 relatif à l’exercice de certaines activités privées de sécurité avec le port d’une arme