Jean-Pierre TRIPET fait un tour d’horizon complet de l’actualité de la profession à la veille du « 24ème Congrès National de la Sécurité Privée » qui se tiendra cette année les 20 et 21 octobre à Marseille. Dans le contexte sécuritaire que l’on sait, le Président du SNES va au fond des dossiers du métier, notamment celui sensible et stratégique du social, avec la profonde volonté de poursuivre le combat de la professionnalisation malgré les difficultés rencontrées. 
« La défense des intérêts des entreprises du secteur exige plus que jamais  un SNES indépendant, déterminé, offensif  autant que propositionnel. Pour le dialogue social, je reste optimiste parce que j’ai confiance dans nos instances et dans la justesse de notre vision. Par contre pour avancer, il ne faut pas hésiter à parler vrai et pointer les blocages et les manœuvres car il est indispensable de revoir le logiciel actuel de la profession sur plusieurs points critiques» confie-t-il au site web de la principale organisation représentative des entreprises françaises de sécurité privée : le SNES.

 

« La défense des intérêts des  entreprises du secteur exige plus que jamais un SNES indépendant, déterminé, offensif autant que propositionnel »

e-snes : Que pensez-vous de la proposition de fusion syndicale que  Claude Tarlet, semble-t-il au nom de l’USP,  vous a faite indirectement par l’intermédiaire du bimensuel ETS en cette mi-septembre 2016 ?

Jean-Pierre TRIPET : Lorsque l’on propose sincèrement une méthode pour parvenir à une organisation unique, on échange d’abord avec le principal intéressé: le SNES et donc son Président, en toute discrétion. On n’en informe pas d’abord la presse. J’ai pris connaissance de la proposition de fusion par le rédacteur en chef de ETS, me demandant d’y réagir ! Comment plus mal s’y prendre pour faire capoter d’avance la démarche ? Je vois que Claude Tarlet et les méthodes de l’USP n’ont pas changé depuis des années. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Cela traduit de toute évidence la volonté d’une unité aux forceps en tentant de nous mettre publiquement devant les faits accomplis. Notre réponse à une telle manoeuvre … est claire nette et précise. La défense des intérêts des entreprises du secteur exige plus que jamais un SNES indépendant, déterminé  et dynamique. Le SNES n’est pas tombé dans le piège unitaire tendu par un Président qui use – tout à fait volontairement- de procédés les plus inadaptés à la construction d’un consensus. Pour autant, cela n’empêchera jamais le SNES de continuer à travailler et négocier des accords de manière complémentaire avec un partenaire patronal : l’USP que l’on espère loyal et respectueux dans le dialogue social. Passons aux choses sérieuses. Car pendant le temps consacré à ces gesticulations politiques et médiatiques totalement contre-productives, rien n’avance dans le vrai métier (le 120 reste au dessous du smic malgré nos propositions). C’est scandaleux et les entreprises qui l’ont compris nous disent que cela suffit ! Au travail !

 «Un nouveau socle de compétences complété par  des “Certificats de Compétence Professionnelle – CCP – pour chacune des spécialités, se substituant aux métiers »

e-snes : Lors de notre dernier échange approfondi fin 2015, vous étiez confiant sur l’issue du dialogue social au travers d’un projet d’accord de substitution. Votre accord, majoritaire, s’est pourtant retrouvé bloqué et vous avez décidé, sous conditions, d’y renoncer. Comment la profession en est-elle arrivée là alors qu’il n’y a rien de plus urgent que de la professionnaliser ?

Jean-Pierre TRIPET : Le SNES avait toutes les raisons d’être satisfait du travail accompli. Notre proposition d’accord soutenue et signée par 3 organisations salariales majoritaires (la CGT, la CFTC et l’UNSA) permettait de sortir de la crise provoquée par la dénonciation, par l’USP, de l’accord de 2006 dit «métiers repères». Il allait résolument de l’avant en relevant le premier coefficient de la branche (le 120), encore sous le smic. Il permettait le passage des métiers repères vers des «spécialités» correspondant à la professionnalisation de l’offre et à sa valorisation auprès du marché.

Cerise sur le gâteau, si j’ose dire, l’accord majoritaire sécurisait juridiquement la notion opérationnelle de polycompétence, ce qui était loin d’être le cas de l’accord de 2006. Bien sûr, on pouvait encore l’améliorer. Discuter du point sensible de l’indispensable mobilité. Mais, au total, il ouvrait la voie à une réelle avancée en matière d’adaptabilité aux besoins du marché. Cela tout en prenant soin de mettre en place un dispositif gagnant-gagnant pour les salariés comme pour leurs employeurs. Sans oublier l’essentiel : nos clients. Bref, nous prenions, avec nos partenaires signataires, nos responsabilités alors que «l’alternative» voulue par l’USP n’envisageait qu’une dérégulation faisant table rase. Las, nous n’avons eu en face pour seule réaction : une volonté de blocage pour simplement empêcher notre accord d’être étendu… TELECHARGER L’INTERVIEW COMPLETE