CNAPS, Saison 2

2015 fut une année charnière marquée par les tragiques événements qui ont frappé la France et mis en avant un besoin très soutenu de sécurité.

Les agents, la profession et donc le CNAPS et ses différentes instances ont choisi l’action, l’initiative et la proposition comme modes de prise en compte de situations parfois nouvelles, parfois aggravées mais qui toutes ont vu les agents de première ligne répondre aux événements avec courage.

Les services du CNAPS ont pris contact avec les sociétés et agents de sécurité privée concernés pour se mettre à leur disposition, pour les soutenir, mais également pour être l’interface avec les Pouvoirs publics, notamment pour la gestion du stress post-traumatique, des hospitalisations.

Hommage soit rendu aux ministres de l’Intérieur et de la Défense pour leur réactivité et leur soutien.

Le ministre de l’Intérieur a décidé d’honorer ces agents, parmi les autres acteurs des services publics, et c’est là aussi une reconnaissance méritée de leur dévouement.

Le Collège du CNAPS, réuni dès le 19 novembre, a proposé à l’unanimité de lancer des chantiers urgents. Notamment sur les modalités d’armement des agents de sécurité privée, qui ne peuvent plus rester dans le flou, l’incohérence ou l’attente.
La formation devra prendre en compte ces nouvelles menaces, ou plus précisément professionnaliser et donc protéger davantage les intervenants de première ligne que sont les agents de sécurité privée.
Dès la fin de l’année 2015, un module « sensibilisation et prévention du terrorisme » a été mis en place ; il sera prochainement intégré à l’ensemble des formations aux métiers de la sécurité privée. D’autres sujets sont sur la table, à charge pour les Pouvoirs publics et le secteur privé de les faire aboutir rapidement. Le CNAPS, carrefour stratégique, accompagnera naturellement ces évolutions.
L’année 2015 a vu, par ailleurs, aboutir bon nombre d’évolutions législatives et réglementaires, attendues pour certaines depuis plusieurs années. L’action résolue, inventive et déterminée de la DLPAJ, sous la responsabilité de son directeur, Thomas Andrieu, appelé début 2016 à rejoindre le cabinet du garde des Sceaux, et du préfet Coudert, délégué aux coopérations de sécurité, doit ici être soulignée et remerciée.
Enfin, l’établissement, doté d’un nouveau directeur, le préfet Jean-Paul Celet, depuis le 29 février 2016, a montré une maîtrise résolue de son activité en 2015 : la demande de titres a légèrement décru de 3 % par rapport à 2014. Les contrôles d’entreprises et d’établissements de sécurité privée se sont maintenus à un haut niveau – un quart des entreprises du secteur sont quasiment contrôlées chaque année.
Enfin, le ciblage porte désormais ses fruits puisque le taux de saisine des CIAC ne cesse de s’accroître.
Il convient donc de remercier de leur travail les personnels de l’établissement public ainsi que l’engagement des CIAC/CRAC/CLAC et de la CNAC, dont les responsables publics et privés sont soumis à un rythme soutenu de réunions.
Avec l’entrée de la formation dans le périmètre du CNAPS au 1er juillet de cette année, la réorientation de la politique de contrôle, les modifications dues au mouvement naturel des personnels, mais aussi les conséquences douloureuses de la mise en cause de certains responsables administratifs dont l’action n’a eu aucun impact sur les missions régaliennes du CNAPS (autorisations, agréments ou contrôles), l’année 2016 impose de faire face à de nouveaux défis, particulièrement ceux relevant de l’Euro de football.
La filière de la sécurité privée doit poursuivre le travail engagé pour mieux développer la professionnalisation des circuits de formation et s’adapter aux évolutions du marché (notamment dans le secteur de la télé-vidéo protection, mais aussi des ARP/Détectives).
Le CNAPS sera naturellement à ses côtés, mais pas à sa place. La sécurité privée vient de passer un cap : profession entièrement à part, elle vient d’être reconnue comme un acteur à part entière.