Le SNES a pris connaissance des préconisations du rapport des députés Alice THOUROT et Jean-Michel FAUVERGUE relatif au continuum de sécurité, remis ce jour au Premier ministre, monsieur Edouard PHILIPPE. Ce rapport est le fruit de plusieurs mois de travail de la part des députés : qu’ils en soient vivement remerciés.

 

Nous notons avec satisfaction qu’un certain nombre des propositions de la filière de la sécurité privée, que ce soit les organisations professionnelles et les organisations syndicales, ont retenu l’attention des députés. (Voir les 15 propositions du SNES)

Concernant plus directement le SNES, les mesures suivantes, proposées par les députés au ministre de l’Intérieur, reçoivent notre plus entier soutien. Nous nous mettrons à la disposition du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, et de ses services pour les voir aboutir.

Il en va ainsi, sans exhaustivité, de :

– La caution/garantie financière : outil que nous estimons essentiel pour compléter la régulation administrative, opérée par le CNAPS, par la régulation économique. Nous fournirons prochainement une étude d’impact financier précise.

– La limitation de la sous-traitance : de ce point de vue, nous souhaitons remercier les travaux conduits depuis plusieurs mois par la Médiation inter-entreprises et la Délégation aux coopérations de sécurité.Ils ont très utilement préparé le terrain à cette mesure.

– La responsabilisation des donneurs d’ordre, tant privés que publics, afin de passer d’une logique de moins-disant à une logique de mieux-disant.

– La mise en œuvre de démarches de certification des entreprises, selon des niveaux de risques associés aux prestations.

– La finalisation de la réforme en matière de formation aux métiers de la sécurité privée : initiée en 2016, cette réforme nécessite désormais de voir combler certaines lacunes, notamment sur la formation des formateurs et des jurys d’examens.

– Le renforcement du statut juridique des agents de sécurité privés, notamment par le biais de l’assermentation de certains d’entre eux et l’aggravation des personnes en cas d’atteinte à un agent.

 

Cet ensemble de mesures nous paraît aller dans le bon sens et de nature à construire, opérationnellement, concrètement, un continuum de sécurité utile à l’amélioration générale de la sécurité dans notre pays. « A chacun sa place, mais une place connue de chacun » : voilà le contrat que nous souhaitons voir mis en œuvre entre nos entreprises, nos agents, et les forces publiques de sécurité.

Bien sûr, nous devrons, avec nos confrères de l’Union des entreprises de sécurité privée (USP), approfondir ensemble certaines de ces préconisations. La démarche de rassemblement, récemment initiée, nous y oblige et pourra
d’ailleurs se concrétiser autour de la mise en œuvre du continuum de sécurité.

Enfin, nous nous devons d’alerter les pouvoirs publics comme nos clients d’une réalité économique. Cette réalité est celle de la hausse globale des coûts que connaîtront nos entreprises en 2019 : revalorisation salariale, fin du CICE, report de l’allègement des charges, charges liées à la mise en œuvre du prélèvement à la source, etc. Cette hausse atteindra près de 6 %, que nous savons être très difficile à répercuter dans nos contrats. Il en va pourtant de la survie de nos entreprises, et au-delà de la mise en œuvre des réformes proposées par le rapport des députés.

Alors, si nous sommes politiquement satisfaits, nous sommes économiquement inquiets. Il ne tient qu’aux pouvoirs publics, prescripteurs et acheteurs, et à nos clients, d’entrer dans un cercle vertueux qui assurera la pérennité de nos entreprises et du continuum de sécurité.

Le SNES,
11 septembre 2018

 

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